NOUS VOUS PROPOSONS 4 ENQUETES SUR L'ECONOMIE MAURITANIENNE (1)**** NEPOTISME ET POTENTIELS DE DESORDRE EN MAURITANIE**** PRESENTATION Pour la première fois, l’opposition mauritanienne publie, à grande échelle, une enquête détaillée sur le fonctionnement et l’intensité du népotisme au pouvoir. La diffusion générale de ce document commencera le lundi 15 février 1999 et ciblera, le lendemain, les députés et sénateurs français, parlementaires européens et membres de la Commission à Bruxelles. Tout au long de la semaine, il fera l’objet d’une vaste campagne de promotion auprès des partenaires institutionnels de la Mauritanie. Le texte démontre, sur la base d’indicateurs chiffrés et nominaux, que la profonde corruption du milieu dirigeant et le caractère tribal de celle-ci se développent avec la tolérance des bailleurs de fonds . Le document cherche aussi à prévenir la communauté internationale contre les risques concrets d’une implosion en République Islamique de Mauritanie.CE DOCUMENT SERA PUBLIE DANS SON INTEGRALITE DANS NOTRE PROCHAIN NUMERO VOUS POUVEZ Y ACCEDER EN CLIQUANT SUR LE LIEN NEPOTISME (DOCUMENT)CONSCIENCE ET RESISTANCE |
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(2)**** Des fossoyeurs de notre économie: Abdallahi Abdallahi**** Des fossoyeurs de notre économie Mauritaniennes mauritaniens
" Monarques, n’opprimez pas le peuple, car votre fortune n’a rien de stable! N’accablez pas d’impôts les faibles, car ils peuvent devenir puissants et vous perdre. Je vous le répète, ne vous attaquez à personne. Ne méprisez pas le plus obscur de vos ennemis...Vous savez que les plus hautes montagnes ne sont formées que de pierres amoncelées. Si toutes les fourmis se réunissaient, elles finiraient par vaincre les lions formidables. Une fois tressés, les cheveux les plus fins sont aussi solides qu’une chaîne de fer.. En vérité, quelle chose est plus douce que de rendre heureux ses amis?...Ceux qui endurent les maux les plus cruels peuvent sourire, car les dents du monarque impitoyable finiront par tomber " (Saâdi. Le jardin des fruits.)
Au moment où le régime caverneux du colonel sanguinaire et mafieux Toto Rina ould Sid'Ahmed Taya atteint son crépuscule, nous nous devons de rappeler à tous, les bonnes raisons que nous avons de nous rassembler au sein d'une opposition radicale, déterminée et résolue à mettre fin aux abus en cours. A mon avis nous nous sommes abondamment exprimes (mais certes pas assez) sur les crimes de sang et la sentence est sans appel : ce régime est génocidaire et doit être traîné devant les tribunaux pour s'être mis au banc de l'Humanité. Mais nous convenons aussi, et ce n'est un secret pour personne, qu'il n'a pas été auteur "que" d'assassinats, de déportations massives, d'exécutions extrajudiciaires, de torture... Il a également favorisé et laissé courir la pratique moyenâgeuse et ignominieuse de l'esclavage (quels que soient les douces formules, les voiles pudiques, les masques honteux, les paravents révérencieux, les habillages trompeurs ou les précautions verbeuses dont on peut se prémunir pour qualifier cette horreur). Et ce n'est pas parce que le phénomène de poussée urbaine ou de "métropolisation" tend à noyer ce fléau dans les méandres de l'anonymat pernicieux et le silence complice des grandes villes qu'il viendrait à l'esprit (humainement sain) de nier l'existence de cette pratique avilissante! En s'accaparant de tous les leviers de l'économie et en obstruant toutes les issues à certaines couches de la population (en vérité toutes celles qui s'éloignent de la tribu du chef de la mafia) le pouvoir leur ôte par la même tout moyen de s'affranchir de la tutelle des anciens maîtres. En effet l'esclavage n'est pas seulement asservissement par la contrainte physique d'un homme par un autre qui bénéficie, sur l'instant tout au moins, d'un rapport de forces en sa faveur. L'esclavage est avant tout (pour ne pas dire essentiellement) affaire de moyens économiques. On a beau faire comprendre au dominé que son entrée au paradis ne dépendait pas, le moins du monde, de sa soumission à un maître qui cherchera le jour du jugement dernier à sauver sa propre âme ( laa youdhirou waadhiran widhra oughra), il ne consentira à s'en éloigner que quand il aura la certitude de pouvoir manger à sa faim comme il en avait l'habitude chez son maître. Dans ces conditions, il parait évident qu'aucun décret, aucune loi ne peut faire disparaître l'esclavage du jour au lendemain. Il faut, pour qu'elle soit suivie d'effet, que la décision juridique soit suivie d'une volonté politico-économique. Il faudrait imaginer un moyen de mettre sur place un dispositif tendant à réinsérer économiquement et socialement les anciens esclaves en en faisant une priorité. Ceci passe à mon avis par une politique assurant l'éducation à ces populations fragiles et à une sorte d'affirmative action leur accordant la priorité (mais attention : à compétences égales) face à un concurrent issu d'un groupe plus nanti pour l'attribution des postes. Cette politique est aussi valable pour les populations négro-africaines défavorisées et celles rassemblées dans le terme générique de "castés". Il ne restera alors qu'un seul problème qu'aucune loi ne pourra résoudre : une fille issue d'une famille dite noble aura bien le droit de refuser de s'unir à un ancien esclave pour un mariage sans qu'il n'y ait de recours possible. Là, seule l'Histoire avisera et un rôle de premier plan devra être joué par les leaders d'opinions, les intellectuels et tous ceux qui jouissent d'un tant soit peu d'audience au sein de la population. Il est certain qu'il s'en trouvera qui argueront de la reconnaissance de l'esclavage par l'Islam. Mais ces médiocres connaisseurs de la religion, des obscurantistes "éclairés", maîtres dans l'art de l'amalgame et de la diversion ne vous diront pas ce que l'Islam désigne par esclave. Mais entre nous, je ne suis pas sur que Toto Rina ould Taya et le Hizbou Cheytan (le parti de satan = PRDS) accepterons de partager une parcelle de pouvoir qu'il soit économique, politique ou sociale avec qui que ce soit. En effet la politique de noyautage et de pillage de l'économie du pays ne fait que poursuivre inexorablement son petit bonhomme de chemin avec comme principaux protagonistes Ould Taya, les smassides et quelques autres proches complices (El mougharraboune). En bon chef mafieux, il a laissé les mains libres à une bande hétéroclite de charognards, d'hommes d'affaires, de politiciens ou de simples thieb-thiaba (truands, escrocs...) qui ont les yeux plus gros que les ventres et qui se livrent au plus grand vandalisme d'Etat de l'Histoire de la Mauritanie, qui consacrent leur temps à piller les ressources du pays, à saccager son économie avec une voracité jamais égalée. Armé d'une volonté imperturbable, le régime met tout en oeuvre pour mettre le pays à genoux. C'est ainsi qu'il accorde des promotions à des individus qui se sont illustrés par leur gourmandise et qui ont gagné une réputation de "budgétivores" au forceps. Tous les grands voleurs d'Etat sont promus à de nouvelles fonctions comme si dans leurs "virées" ils rendaient service à celui qui distribuait les rôles dans cette Mauritanie en perdition. Un petit rappel. Si vous avez un peu de mémoire, vous vous souviendrez qu'en 1987 des hauts "responsables" ont volé l'argent de l'Etat de façon à soulever des réactions d'indignation au sein même de la classe dirigeante (ce qui n'est pas courant). Il s'agissait de Dieng Boubou Farba et de Mouhamed Salem Ould Lekhal en connivence avec un homme d'affaires louches ( Bouchraya). Pour donner l'impression de condamner ce geste, le régime les mettra aux arrêts mais l'avenir montrera qu'il ne s'agissait que de la poudre aux yeux, le temps de laisser passer la tempête. En effet ils sont libérés après quelques semaines et Ould Lekhal fut envoyé au Japon comme ambassadeur de la Mauritanie avant d'être rappelé au gouvernement comme ministre des affaires étrangères. Quant à Dieng Boubou Farba, le voilà numéro deux constitutionnel du pays qui assurera la présidence en cas de vacance du pouvoir (si toutefois le peuple laissait le loisir au régime de se réorganiser après avoir chassé Taya.) Plus récemment encore et plus cocasse. Un inspecteur de la cour des comptes rédige un rapport accablant sur la gestion de Cheikh El Avia Ould Mouhamed Khouna pendant qu'il était à la tête d'une société d'Etat. Le rapport qui est tombé entre "des mains indésirables" alors que Ould Khouna était ministre de la pêche, établissait sans équivoque qu'il s'était livré à un détournement massif des biens publics. Mais curieusement Ould Mouhamed Khouna passe à la surprise générale premier ministre. l'Histoire ne dit pas ce qu'est devenu le pauvre inspecteur qui voulait bien faire en épinglant plus protégé que lui. Au lendemain des dernières élections pestilentielles, le chef de la pègre Nouakchottoise nomme comme premier ministre Mouhamed Lemine ould Guigne, juriste de formation. Il entreprend "courageusement" une politique de lutte contre la corruption et le gaspillage et envisage de réduire le train de vie de l'Etat. Mais là vraiment, à défaut de se faire tuer par le ridicule, les Mauritaniens ont dû se dire que sûrement en haut lieu on les prenaient pour des c...Mais n'était-ce pas monsieur le premier ministre en personne qui, du temps où il était directeur de l'enseignement supérieur (c'est-à-dire jusqu'à sa nomination comme chef du gouvernement) accordait des bourses d'études contre des sommes variant entre 150 et 200 000 UM? (pour une bourse de premier cycle tout au moins : je pourrais citer des noms en temps opportuns). Décidément les routes de l'enfer sont pavées de bonnes intentions. Aujourd'hui président de la cour des comptes, on peut compter sur lui pour que les dignitaires du régime continuent à voler en toute impunité. Il n'est pas le seul "intellectuel" à vendre son âme à Lucifer en pactisant avec lui au travers d'un baiser mortel. Un professeur de Géographie, fondateur et président d'une association de lutte contre l'esclavage, ancien membre influent de l'UFD/en ira rejoindre son frère au PRDS. Mouhamed Salem Ould Merzoug se verra confier la direction du Laboratoire d'Etudes et de Recherches Géographiques où il fera main basse sur un financement de l'Université de Rouen pour la réalisation d'un Atlas. A cela il préférera s'acheter une Renault 11 d'occasion et s'éclater en bonne compagnie. Mais Merzoug qui envisageait l'avenir avec sérénité (quand ses étudiants lui disaient qu'il visait le poste de doyen de la faculté, il répondait sans détours que c'était "petit pour mes ambitions") ne moisira pas longtemps à la petite direction du LERG. Un jour qu'il s'apprêtait à aller à l'aéroport (pour expédier un colis pour Tunis), deux hommes en civil viennent le cueillir pour le conduire au palais. Quelques heures après, nous apprenons à la radio qu'il est nommé commissaire à la sécurité alimentaire. Pour le malheur des pauvres de Mauritanie. Avec une méticulosité effarante, il s'emploiera à mettre cette institution à genoux en se faisant construire un palais des milles et une nuits en un temps record (moins de deux ans à la tête du CSA). Nommé plus tard ministre de l'équipement, il laissera le CSA dans un état tel que son successeur ne voulait pas prendre ses fonctions avant une passation en règle avec les responsabilités bien établies. Quand à la veille du mois béni de ramadan le chef de l'Etat mafieux demande au nouveau commissaire (feu ould Zeïn) de distribuer enfin comme d'habitude le peu de choses que les charognards ont bien voulu laisser aux pauvres, on lui répond qu'il n'y a plus un seul grain de céréale dans les silos. Où sont passés les plus de mille tonnes de riz que Merzoug avait reçu du PAM et de la F.A.O.? Mystère et boule de gomme. Il les aurait tout simplement vendu pour financer en partie la campagne du chef de la maffia et se garder l'autre moitié. Raison pour laquelle il ne sera jamais inquiété. Il est aujourd'hui ministre de la "justice". Il fait partie des Hrathines (anciens serviles) qui ont utilisé la force de leurs frères pour la plupart analphabètes pour monnayer des postes au gouvernement. Des traîtres et des manipulateurs qui marchent sur les corps en sueurs et en sang de leurs propres frères pour parvenir à leurs fins. Un autre de nos intellectuels de salons s'est illustré par son cynisme et sa gourmandise : Mouhamed El Hacen Ould Lebatt. Seul ordonnateur, en sa qualité de recteur, du budget de l'université de Nouakchott qui s'élevait alors à environs 1000 000 000 d'ouguiyas, il en disposera sans avoir de comptes à rendre à qui que ce soit. Corruption d'étudiants peu scrupuleux afin de briser les grèves ou se constituer une cour de délateurs, "achats" de professeurs pour les mêmes sales besognes notamment lors de la mise sur pied de leur syndicat en 1996/97...étaient ses investissements les plus fréquents. Confronté à une grave crise universitaire, il n'hésitera pas à demander l'intervention des forces de police dans l'enceinte de l'université pour soi-disant éloigner le spectre de l'année blanche qui planait. Les leaders grévistes seront assignés en résidence surveillée pour que les examens se déroulent sous haute surveillance de la police. Pendant que l'argent de l'université était utilisé pour s'attacher les services d'une cour de charognards, les services vitaux étaient réduits à leur plus simple expression : un seul repas par jour et cinq jours par semaine dans la petite cellule qui tient lieu de restaurant universitaire qui propose des plats d'une qualité exécrable, une bourse de 5000 UM qui ne suffit même pas à payer le loyer d'une chambre en ville, une résidence universitaire de 90 chambres réservées exclusivement aux étudiants de quatrième année, infirmerie vide de médicaments et de personnel soignant, bibliothèque complètement dégarnie et transformée en salle de causerie, départements sous-équipés...Les étudiants qui osaient défier son autorité se voyaient signifier par le comptable que leur bourse était coupée sans raison,( si jamais ils avaient eu la chance d'être boursiers). Quand il fut nommé ministre des affaires étrangères il laissa les caisses dans un état si désastreux que son successeur demanda un audit. La cour des comptes mit en évidence un trou immense mais l'affaire fut classée sans suite comme toutes les autres. Autre cas : Lemrabott Sidi Mahmoud ould Cheikh Ahmed, ex gouverneur du district, plusieurs fois ministre, entrant et sortant du gouvernement à sa guise. Il se fera remarquer lorsqu'à la faveur d'un remaniement ministériel, il fut éjecté de son poste de ministre des finances. Pendant les deux jours qui ont alors précédés la passation de témoin, il signera et antidatera l'attribution de plus de 400 lots de terrains dans la zone extension nord de Nouakchott (Tevragh Zeïna). Presque toute la tribu fut dotée. Ce comportement défraya la chronique à Nouakchott et tout le monde pariait sur la fin politique de celui qu'on surnommait le dandy de Nouakchott. Mais lui ne doutait pas de son avenir. C'est qu'en bon calculateur, il savait qu'il allait pouvoir compter sur la solidarité tribale en guise de reconnaissance. Il n'avait pas vraiment tort : Sept mois plus tard le voilà ministre de l'éducation nationale. Après un bref passage aux affaires étrangères puis de nouveau au chômage le revoilà commissaire à la sécurité alimentaire. Les pauvres de Mauritanie auront besoin de leurs yeux pour pleurer. On pense souvent que faire un parallèle entre la mafia (Sicilienne ou Napolitaine) et celle de Nouakchott est une exagération, mais l'épisode du trafic des stupéfiants est là pour nous ramener à la stupéfiante vérité. Six des neuf commissaires de police que compte Nouakchott sont incarcérés. Le chef de la brigade des stupéfiants (Qotb), le tortionnaire Nkerrany, des magistrats, même le vice président de la commission qui devait mener l'enquête était un trafiquant. Ils furent également arrêtés. Mais ce était que de la poudre de cocaïne aux yeux. Non seulement ils furent libérés quelques semaines après mais retrouvèrent leurs postes. Ainsi le chef de la brigade des stupéfiants pourra à partir de son fauteuil roulant continuer à revendre la drogue qu'il saisira sur les trafiquants sans protection comme il le faisait avant. Dans cette histoire seuls les vrais commanditaires non pas étés inquiétés tout protégés qu'ils sont par le système mafieux. Les officiers de police ont semble-t-il étés réintégrés pour avoir protégé les patrons. En terre Islamique. Ce régime a par ailleurs institué un système pernicieux et subtile qui consiste à échanger des bons procédés avec certains commerçants teigneux ou des hommes d'affaires ténébreux et voraces. Ils sont en majorité smassides (tribu du chef) et en échanges de services rendus aux politiques, ils ont quartier libre pour se comporter comme en territoire conquis sur l'économie du pays. Comment des commerçants honnêtes pourraient - t - il faire face à la concurrence de ces fauves comme Mouhamed Abdallahi ould Abdallahi ou de Abdallahi ould Nouegued qui n'a pas hésité à falsifier les sceaux de l'Etat pour faire passer sa marchandise sans payer les frais de douanes? La corruption gangrène tout le pays et n'épargne aucun service. Tout se vend dans ce pays : les pièces d'identité, les bulletins de naissance, les certificats de mariages, les relevés falsifiés de comptes bancaires, les certificats médicaux... Je me souviens de ce préfet d'arrondissement de Nouakchott qu'on surnommait Moussa 500 parce qu'il demandait systématiquement cette somme pour rendre un service. Il sera nommé ministre du commerce puis ministre de l'équipement avant d'être emporté par une sombre histoire de relation avec un demoishomme (homosexuel : les responsables dans ce pays sont réputé pour leur très forte inclination pour les parties de jambes en l'air. Toujours en terre Islamique. Hum!). Notre illustre ex ministre est nommé après sa traversée du désert, consul général de Mauritanie en France. Il se sent tellement obligé de faire semblant de bien faire qu'il accusera les autorités françaises d'avoir torturé en prison le tortionnaire Ould Dah ( le ridicule décidément...). Nous nous excusons de laisser certains sur leur faim. Nous ne prétendons pas à l'exhaustivité. Tout juste avons nous voulu rappeler certains faits peut être déjà connus de tous les mauritaniens. Nous attendons avec impatience la liste de "conscience et résistance" à qui nous suggérons de regarder du côté du colonel Ould Deh directeur du port autonome de Nouakchott et autre grand mafioso, du colonel Aïnina quand il était directeur de la SONELEC, de Boïdiel ould Houmeïd qui avait dévalisé le Commissariat à la Sécurité Alimentaire avant Ould Merzoug, de Ndiaga Dieng autre grand voleur, qui a par ailleurs tué de ses propres mains et torturé des frères d'armes lors des purges au sein de l'armée et qui emploie l'argent du contribuable à s'acheter des courtisans et à draguer des amies à ses propres enfants, du directeur de l'Agence Mauritanienne d'Information qui est devenu un grand maître dans l'art de récupérer les terrains du domaine public pour les revendre au prix fort, du directeur de la SNIM ( la pauvre société qui sert à acheter des amis étrangers). Tous ceux qui ont jouit de façon illégale de l'argent gracieusement tiré de du portefeuille du contribuable, devront en répondre devant le peuple avant d'en être châtiés de façon inéluctable devant la justice divine yowmoul khiyama. A tous ceux à qui il reste encore de la dignité, un grain de conscience, une goutte d'honneur, un peu de caractère... je lance un appel. Rejoignez le camp du peuple, celui de la justice et de la vérité. Eloignez vous de ce régime aux abois et qui vit ses dernières heures. N'imitez pas ces opportunistes ridicules qui ont une main solidement accrochée aux lambeaux du régime en chute tandis que de l'autre ils essaient désespérément d'attraper le nouveau pouvoir. Comment pouvez vous le soutenir ou même rester silencieux pendant que votre peuple continue à souffrir? " Lorsque les vagues engloutissent nos compagnons, resterons-nous insensibles sur la falaise?...Pourrais-tu te promener avec plaisir dans un jardin, si tu savais que ton meilleur ami sanglote au fond d’un cachot? " (SAÂDI : le jardin des fruits). Ne vous laissez pas séduire par le camp monstrueux de la mafia Nouakchottoise. Il n'y a que l'emportement, l'esprit querelleur, la calomnie, la délation, les fausses accusations, le mensonge grotesque, les outrages, la grossièreté, l'hypocrisie, les complots permanents, l'irritation contre des gens qui n'ont fait aucun tort, l'acharnement contre de pauvres et innocents citoyens, l'amour des louanges, la soif inassouvie des honneurs, les prédications faites dans le seul but de plaire, les serviles adulations, les viles flatteries, l'hagiographie, le mépris des pauvres, les prévenances pour les riches, les honneurs prodiguées sans raison mais non sans dommage, les faveurs aussi dangereuses pour ceux qui les accordent que pour ceux qui en sont l'objet, l'absence de confiance, de modestie, l'apparence autant qu'on en veut mais de réalité nulle trace, nulle hardiesse pour reprendre et blâmer ou plutôt l'abus de ce droit vis-à-vis des petits, des faibles sans défense, des monsieurs-tout-le-monde alors que vis-à-vis des "puissants" on n'oserait même pas lever le petit doigt... Avez vous vraiment envie de soutenir un tel club de terroristes contre votre propre peuple? Allah brûlera certainement dans la fournaise Toto Rina et son hizb (PRDS) comme il brûlera satan et ses partisans (c'est du pareil au même d'ailleurs). A bon entendeur salut. |
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(3)**** DE L'AIDE AU CRIME :Comment subventionner la ruine d’un pays ****DE L'AIDE AU CRIME : Comment subventionner la ruine d’un pays.
Le 25 et 26 Mars 1998 se tient au siège de la Banque mondiale à Paris, la réunion du groupe consultatif des bailleurs de fonds de la Mauritanie. Treize ans après le premier programme de redressement économique et financier (P.R.E.F) qui inaugura l’ère du colonel Ould Taya, s'impose le devoir d’établir, à l'abri des statistiques complaisantes, le questionnement rigoureux de l'action multilatérale dans notre pays. Sans sacrifier à la tentation de l'invective ni complaire aux commodités de la rhétorique vertueuse, l'analyse circonstanciée des investissements et l'examen de leur incidence effective sur le devenir de la Mauritanie, attestent, hélas, un véritable échec. Au recoupement des critères du bien-être matériel et du droit des gens, le bilan s’avère singulièrement désastreux. Les faits n'autorisent aucune indulgence; leur recension conclut, sans ambiguïté, à l'instrumentalisation quotidienne des transferts internationaux au profit de l’ultra-minorité que compose la tribu du chef de l’état. L'exclusion des négro-mauritaniens jusqu’à leur déportation et la persistance de l'esclavage s'en trouvent exacerbés. Cependant, selon les quelques indices observables, seule la partie émergente de l'iceberg se prête à l'exercice de l’évaluation.
I - Le scandale des chiffres Entre 1984 et 1997, l'apport extérieur en Mauritanie s’élève à deux milliards de $. Sur le total, les deux grands projets électrification et télécommunications coûtèrent respectivement 25 et 14 millions de $. La soustraction induite se passe de commentaire... La comptabilité au détail révèle aussi, de par ses implications diplomatiques, la nature et le degré de complicité dont jouit Ould Taya auprès de certains bailleurs de fonds. Ainsi, durant la période précitée, l'assistance française représente, à elle seule, 5 milliards de francs, soit 140 milliards d'ouguiyas. Depuis 1994 - donc en 4 ans - la partie non remboursable de ce montant atteint 900 millions de francs ! D'ailleurs, sur l'ensemble de l'aide publique au développement (A.P.D) versée à notre pays, la contribution de la France dépasse le quart. Si l'on considère que les financements extérieurs équivalent à 1/5ème du P.I.B de la Mauritanie, le concours bilatéral français en assure 40%. Coopération décentralisée comprise, il ne serait pas inutile d’élucider l’énigme d’une certaine quote-part retournant à Paris dans les caisses occultes d’un parti conservateur. Le décompte paraît encore plus édifiant à la lumière du dernier accord de pêches conclu avec les Communautés européennes. Au terme dudit protocole, notre pays recevra, en 5 ans, 266.8 millions d’écus, somme dont le Pouvoir déterminera l'affectation souveraine et discrétionnaire. Du reste, la première tranche d'environ 50 millions d’écus sera allouée en 1996 ; nul ne sait quelle en fut la destination : le montant ne figure sur aucune écriture du Budget... Enfin, il importe de rappeler que notre dette excède, à ce jour, 2 milliards 230 millions de $. Pour les générations à venir, ce fardeau comporte une iniquité d'autant plus révoltante que l’état des réalisations escomptées lui ôte, rétrospectivement, la moindre justification. II - Intentions et résultats Là encore, à l’épreuve du concret, l'intervention multilatérale suit une rationalité qui ne correspond plus aux objectifs de départ. Si l'on admet, toutefois, que l'enrichissement des hommes d'affaires Smassid constituait, au fond, le dessein initial des programme et facilites d'ajustement structurel, force est de conclure à la réussite ! En effet, les crédits, dons et rééchelonnements participent de la reproduction, au jour le jour, d'une structure de répartition dont les visées racistes, la dynamique de clan et la violence mènent le pays et la sous - région à la débâcle. Loin de stimuler un quelconque essor de la collectivité, la captation des transferts en devises accentue la déconfiture morale des élites et exacerbe ainsi les facteurs d'une implosion dans les fondements vitaux de la Mauritanie. Rien ne semble devoir interrompre le cours de cette fatalité. En voici quelques vecteurs intimes où transparaît une nette rupture des équilibres de la communauté de destin. Ces indicateurs échappent , bien entendu, au champ étroit de l’économétrie.
En dehors de ses aspects factuels, la mainmise Smassid provoque la dilution définitive de la puissance publique par la concurrence des calculs de tribus. Le processus de privatisation de feu l'Etat mauritanien n’épargne ni l'enseignement ni la justice et touche déjà le sommet de l'institution militaire. Ici, prévalent, selon des ententes flagrantes, des rivalitésde type particulariste. La logique d'ensemble, où se délitent les assises de la Nation, exprime donc une hypertrophie, sans précédent, des forces centrifuges. Le pire indice réside dans la banalité du vol des deniers publics. La normalisation, à grande échelle de ce procédé, démontre combien la pratique des prévarications devient l'unique enjeu des luttes autour de l'exercice du pouvoir. Il est évident, qu'au moins dans les conditions actuelles de sa mise à l’Œuvre, le financement extérieur alimente la délinquance des élites et aggrave alors la dynamique d’érosion de la paix civile - ou plutôt de ce qui en subsiste. Toute rectification ou tentative d'assainissement implique des conséquences suicidaires pour le régime, tant son infrastructure s'est acclimatée aux racisme, népotisme, concussion et trafic d'influence. L'interaction de ces comportements qui ressortissent à la loi pénale nourrit une véritable économie d’échanges et de services au centre du noyau dirigeant. Par eux-mêmes, l'interception puis le partage patrimonial de l'argent destiné à l'usage de la cité déterminent, en ultime ressort, la cause et l’aboutissement des cooptations tournantes dans le gouvernement, la haute administration et la diplomatie. D'ailleurs, les avatars de l’instabilité ministérielle marquent les limites auxquelles parvient maintenant ce mode de compromis maffieux au sein du sérail. Faut - il continuer alors l'entretien à perte de la gabegie?
L'impasse des institutions, en soi symptôme d'une retentissante crise de l’identité et de l’éthique, conforte la généralisation de l’impunité des tueries discriminatoires. Le passif des exactions, massacres et déportations en masse, dont les négro-mauritaniens sont toujours victimes, s'accumule sur une contradiction aussi sensible que l’éradication de l'esclavage. L'inaptitude congénitale du Pouvoir à résoudre de tels drames accentue, de facto, leur aggravation. On imagine l'ampleur des risques inhérents à cette incapacité. Le dernier procès des militants des Droits de l'Homme donne toute la mesure de l’incertitude que recèle, à titre prospectif, le traitement des contentieux par le recours systématique à la contrainte. Faut - il donc poursuivre la subvention de l’incompétence au service de l’irresponsabilité ?
III - Quelles leçons pour demain ? Au moment où l’édifice du colonel Ould Taya se défait dans les prémices d'une fin de règne assurément conflictuelle, le Comité consultatif des bailleurs de fonds gagnerait, pour des raisons avant tout pragmatiques, à résoudre le dilemme de son implication en Mauritanie. C'est là un préalable. Nos partenaires, sous peine de faillir à leur mission et de participer, le cas échéant, au drame qui se prépare chez nous, ne doivent se satisfaire de nouvelles promesses de bonne conduite, encore moins solder un minimum de la dette courante. Il leur faut, dès aujourd'hui, se poser le triple questionnement où aboutit toute estimation objective du contexte en Mauritanie.
En conclusion, que l'on ne se méprenne pas sur le sens du présent texte : ceci est une mise en garde, autant qu'un témoignage préventif. Avant que la Mauritanie ne sombre dans le chaos où l’entraînent le Pouvoir et ses protecteurs étrangers, nous tenons à mettre chaque acteur en face de ses devoirs : demain, personne n'osera se prévaloir de ne pas avoir su...
Nouakchott - Paris - Washington le 25 mars 1999 Collectif des Associations et Organisations Mauritaniennes de défense des Droits de l'Homme |
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(4)**** A QUOI SERVENT LES RESSOURCES DE LA MAURITANIE ?**** A QUOI SERVENT LES RESSOURCES DE LA MAURITANIE ? Diagnostic des moeurs de notre Nomenklatura aux Canaries AVERTISSEMENT Déjà, en février 1999, notre enquête " Népotisme et potentiels de désordres en Mauritanie ", attirait votre attention sur certains aspects de la gabegie et du pillage qui sévissent et s’aggravent dans le secteur de la pêche. Nous décrivions alors le contour global du crime écologique . Devant l’ampleur de l’exploitation subie par les pêcheurs artisanaux, en particulier ceux de la ville de Nouadhibou, nous avons approfondi nos investigations et levé le voile sur la part invisible du scandale. Ce complément reste très partiel ; l’étendue des dégâts et la dissémination des responsabilités sont telles que l’exhaustivité semble hors d’atteinte. Aussi, la présente tentative de constat ne prétend aboutir qu’à des effets démonstratifs. Le jour venu, il appartiendra, à des juges indépendants, dans le cadre d’un Etat de droit, d’instruire et de sanctionner, équitablement, les faits en cause. Prévaudra alors le procès des privilèges, de l’enrichissement sans cause, du sabotage programmé et de l’incompétence criminelle. Parmi la minorité dont nous comptabilisons, peu à peu la forfaiture, les degrés d’implication demeurent d’une gravité variable. Certains abusaient des transbordements en haute mer, détournaient les exonérations de carburant, déclaraient de fausses faillites ou se sabordaient afin d’obtenir la compensation d’un assureur de moins en moins crédule. C’était l’âge d’or où, en dépit des prises illégales, par des navires arborant les pavillons les plus improbables, il y avait encore, dans les profondeurs, de quoi remplir le filet. D’autres, en l’occurrence la génération postérieure à la privatisation de la SMCP, cumulent les manoeuvres de leurs devanciers et les exacerbent par un excès de vitesse dans la course au lucre, ceci avec un extraordinaire sens de l’impunité. Ces tueurs d’avenir agissent vite, sans souci de la pérennité de la ressource, ni crainte de provoquer la disparition des espèces les plus rentables. Après la ruée sur le poulpe et le massacre des mulets pondeurs de cette fameuse poutargue dont raffole la clientèle séfarade en Israël, les appétits de nos " investisseurs " s’orientent dangereusement vers les eaux du Parc National du Banc d’Arguin. Ils savent que l’occasion historique d’abuser ainsi du patrimoine national ne se représentera plus. A mesure que se fragilise le pouvoir duquel procède le monopole de la concussion organisée, leur appétit et son caractère frénétique s’accentuent. Il s’agit, pour eux, d’assurer, hors du pays, les dividendes de leur hégémonie. Les ambitions de qui dure, seulement par la force, restent précaires et de piètre garantie. Alors, il faut gagner du temps. Demain ne compte pas, pour le moment demain n’existe que dans les limites d’aujourd’hui, en valeur absolue demain est incertain. Seul importe le présent de la toute - puissance incontestée. A chaque jour sa moisson et que la Mauritanie s’écroule l’heure d’après0! C’est de cet esprit de lucre et d’insolence souveraine qu’éclôt et engraisse , sous couvert d’entreprises - écran, l’avatar dégénéré d’une bourgeoisie enfantée par les faveurs régaliennes, exempte de tout effort et prudemment rétive aux aléas de la concurrence. D’évictions en chantages, le cercle de ses acteurs se rétrécit, au bénéfice, bien sélectif, d’un clan détenteur d’un monopole de fait.
On y parle acconage, manutention, transit, consignation, fret, avitaillement, comme on discuterait soupe de poisson ou pots de vin. Sur le dos d’une main d’œuvre mille fois flouée, loin d’elle et de ses récriminations, chacun cultive son jardin ibérique. La dite société du goût et de la dignité fraye, avec une multitude de correspondants, banquiers, associés, commissionnaires, caissiers occultes, tous sujets espagnols, sous la bénédiction du très pragmatique gouvernement autonome des Canaries. Là, se blanchissent, en symbiose avec la maffia locale, les revenus de provenance moins honorable et se traitent, entre gens de noblesse neuve et solvable ( toujours celle de l’argent facile), des " affaires " où les procédés de " gages, commission, pourcentage, courtage " reviennent plus que de raison. Ici aussi, se savourent, en famille, loin de la poussière du pays, de ses fâcheux mendiants et solliciteurs du matin, les loisirs du tourisme et les délices du lèche vitrine1, entre El Corte Inglès, Continental Las Arenas et Al Campo. Entretemps, la petite " servante " (esclave, diraient les suspicieux ), importée selon un " contrat de travail " plus ou moins en règle (mais avec l’aval du consulat d’Espagne), dorlote le poupon, astique les ustensiles de thé puis s’éreinte, au fer à repassage, sur les voiles de madame. Les plus aisés emploient nounou et bonne canariennes. Certains débarquent avec leur suite. La griotte, venue enregistrer un récital privé en l’honneur du magnifique bienfaiteur, y dispute l’intrigue à une théorie de larbins, bouffons efféminés, maîtresses d’une semaine et autre faiseurs de la réputation infra - mondaine. Respectabilité oblige2, quelques unes de ces dames et demoiselles poussent le fantasme, un peu plus au sud, vers les onéreuses et non moins discrètes Playa Inglès, Puerto Rico, Puerto Mogan ; parmi les touristes hollandais, allemands et les jeunes du cru, il s’achète de quoi améliorer l’ordinaire de la misère affective et se débite assez de plaisirs pour tromper le désoeuvrement. Bien sûr, quand ce beau monde ne se livre pas la guerre par convoitise des mêmes sources de largesses, il festoie et rivalise de médisances. Evidemment, au sein du cercle des nantis, l’inégalité des apparences est de rigueur. Pour maintenir le renom de la prospérité, la plupart peinent à la dépense. Un petit nombre baigne dans une opulence tranquille que la vergogne n’accable pas trop. Ceux-ci se couchent tard et mêmement se réveillent ; le monde n’appartient pas qu’aux lève-tôt ! Qu’ils y louent chambre ou suite, occupent appartement alentour, sinon possèdent villa dans le huppé Edificio Granca, ils n’en hantent pas moins, selon le menu ludique du jour déclinant, les salons des très sélects Rena Isabel, Mélia Confort et Gran Hôtel Mélia3. Pendant la consommation de l’apéritif, les gourmets hésitent entre les viandes de Casa Carmelo et le poisson de Casa Galicia. Les blasés de l’estomac s’attardent au grill argentin Nobio Précos et ne répugnent, parfois, à y causer scandale ; un cousin du Chef de l’Etat4, trouvant la cuisson point à son goût, exigea, avec force menaces, que l’on resservît intégralement ses invités, lesquels n’en demandaient tant. Devant la puissance de l’argent et du mépris, le restaurateur s’exécuta. Une nuit d’oisiveté, semblable à bien d’autres, commence. Aux approches de minuit, les canons de la hiérarchie sociale se précisent. A Chacun ses valeurs, les disparités du pouvoir d’achat se chargent de décanter les milieux. Tandis que le haut du panier suppute et compare les ambiances et musiques respectives de la Bamba du Chic et du Joy, le menu fretin se trémousse déjà aux Zorbas, Avenida et Wilson. Quelques heures plus tard ou plus tôt - le démon du jeu est en veille perpétuelle - les bourses de seigneurs se délient dans les casinos Santa Catalina et Temarindos. Tenu plus en respect, aux quatre coins de l’île, le vulgum pecus taquine sa chance, ici et là, entre les bingo Victoria, Opéra, Deportivo et Paris... Au départ de Mauritanie, les habitués empruntent la navette aérienne, plusieurs fois par semaine. Dés l’atterrissage, les grands indicateurs de la police politique et les rejetons de familles fidèles au régime se précipitent chez un revendeur coréen ou nippon qui leur reprendra, au tiers de son prix réel, l’une de ces licences de pêche, don personnel du Chef de l’Etat à ses séides. Sans tarder, nos spéculateurs sur la chance claquent le pécule, en quelques minutes... Il n’est pas rare qu’un compatriote, plumé mais toujours confiant en son étoile, vous agrippe, à l’affût d’un prêt sur gage. Certains s’endettent, là, pour le restant de leur vie C’est la loi du Mesrah, la scène fermée d’une caste de frais parvenus dont l’inculture seule équilibre l’ostentation. Tout cela coûte cher mais les dollars d’une fortune, acquise sans sueur ni souci, se dilapident dans la négligence et la jubilation. Ici, Allah et, moins encore, le sentiment de culpabilité n’effleurent les consciences. Oui, à Las Palmas de Gran Canaria, la coterie triomphante et sans remords de l’ère Taya a su concentrer, jusqu'à la caricature, les affinités distinctives de son pourrissement. Si la Mauritanie est un enfer pour les pauvres, ses riches entretiennent, en face, leur Eden. Silence on gaspille, le noyau5 de proches a ruiné le pays et compromis son avenir. C’est sur votre résignation qu’il prolonge son règne. A partir de maintenant, aucun mauritanien ne prétendra l’ignorer. Voici la liste incomplète de vos affameurs. Leur protecteur, vous le connaissez depuis bientôt quinze ans : le Colonel Ould Taya, auteur de putsch, élu et réélu selon les critères de sa seule omnipotence, a fait de vous un peuple de brebis d’abattoir, entretemps dociles à la tonte I/ PROPRIETES IMMOBILIERES a) Parentèle du Chef de l’Etat :
II/ FLAMBEURS DES CASINOS a) Parentèle du Chef de l’Etat
b) Membres du sérail et courtisans
III/ VILLEGIATURES à) Officiels
b) Parentèle du Chef de l’Etat.
Passé le dégoût, la conclusion c’est d’abord la nécessité d’agir A Paris, Madrid, Rabat, Bruxelles, Genève et (désormais) Londres, les comportements de cette entité de parvenus se perpétuent à l’identique ; voilà où va le patrimoine6 collectif d’un pays si peu peuplé. Des fortunes, en millions de dollars, ont été amassées sur votre propre misère7 puis dissipées sans égard pour elle. Par peur de l’emprisonnement et de l’opprobre public, vous subissez l’insupportable et allez vers le pire. Prudence, prudence, laissez le temps faire ! répètent les réalistes dodus. C’est avéré, l’excès de prudence est le plus court et le plus sûr chemin vers la débâcle. D’exponentielles humiliations naissent de la crainte panique de l’épreuve ; rien de précieux ne se reconquiert sans risque …. Conscience et Résistance , Septembre 1999
0 Cette politique de l’âne, n’étonnera personne, de la part d’un Chef d’Etat dont le Directeur de Cabinet revendique un diplôme de docteur vétérinaire. Les commerces ont aussi séduit une clientèle hétéroclite, allant des boutiquières du souk aux grossistes pour colporteurs. On y croise toute une faune d’épouses de fonctionnaires et douaniers véreux, faisant leurs emplettes de camelote, pour l’écouler, sans taxe d’importation, sur les marchés de Nouakchott et Nouadhibou où le chaland se raréfie, d’ailleurs, à cause de la chute du niveau de vie. Dans les rues de La Navale et Triana, entre les étalages de Maya, la Ballena et Hiperdimo, erre, quotidiennement, le contingent des acheteuses voilées.2 Quelque soit le sexe, ces endroits de détente n’attirent pas toujours des acquéreurs de sensations douces. Quand le viatique des vacances vient à épuisement, certaines compatriotes, célibataires ou non mais de vertu diurne, bradent là, de préférence auprès de visiteurs arabes, les services du plus vieux métier du monde. Elles se déguisent alors à la mode locale et feignent de ne pas reconnaître les concitoyens que le cruel hasard jette sur leur chemin. Les hommes ne sont pas en reste, loin s’en faut. Les noctambules de la nouvelle élite de Mauritanie friment à Las Cantéras, s’étourdissent à Sioux City, Solend et Buch Club, se prélassent dans Palmitos Park, piquent une tête sous les jets d’Al Campo. En attendant la virée au casino, alcools et stupéfiants allègent les portefeuilles intarissables de ces messieurs. Sous l’empire des faux semblants, les plus compromis tâchent d’éviter les rencontres désagréables, car le pays n’est pas loin et chacun surveille la réputation de l’autre.3 Le tarif de la nuitée varie de 15. 000 à 40. 000 pesetas. Les autres amateurs d’hôtels de luxe, à tarif raisonnable, fréquentent les établissements suivants : Fataga, San Sosé Palace, Impérial Playé, Los Bardinos, etc...Quand au tout-venant, les Appartementos meublés n’en désemplissent pas : Playa Dorada, Las Lanzas, Union, Marsin Playa, Riviera, San Antonio, Castillo Playa, Hôtel Appartemento Idafé... Leur tarif mensuel oscille entre 300. 000 et 400. 000 pesetas.4 Au cours de la dernière semaine d’août 1999, Sidi Ould Taya recevait à dîner la délégation de la SMCP qui rentrait d’un infructueux séjour à Tokyo. Etaient présents, le Directeur Général, Monsieur Boïdjel Ould Houmoïd et plusieurs membres du conseil d’administration..5 Quatre clans de taille inégale se partagent les revenus de la pêche, surtout par l’intermédiaire de la SMCP (Société Mauritanienne de Commercialisation des Pêches) dont ils sont actionnaires privés dominants. Leurs représentants s’acharnent à déprécier le prix du poisson, ce qui augmente d’autant le montant de leurs commissions (en moyenne 250$ US, par tonne, selon la catégorie) auprès des acheteurs japonais, Mitsubishi, Nicherei, Maroboni, Canémaxou, Tokyo Sea & Food, Tayo, etc. La méthode courante consiste à faire traîner les négociations avec les clients étrangers de la SMCP : au bout de quelques mois, la valeur marchande du produit chute mais les commissions occultes sont déjà versées. Il en résulte, pour les artisanaux, un dramatique manque à gagner. Voici, par importance décroissante, les quatre clans et leurs fondés de pouvoir : Pour le groupe MAOA, Mr Sidi Ould Taya ; pour le groupe AON, MM Mohamed Ould Lahah et Mohamed Ould Telloumit ; pour le compte de Louleïd Ould Weddad, Directeur du Cabinet présidentiel, Mr Ahmedeu Ould Dahi ; pour le compte de Moulaye Ould Boukhreïss, chef d’Etat Major des Armées, MM Bechir Ould Abeïdi et Hassenna Ould Ahmed Labeïd. En marge, prospère un cinquième élément, le Premier Ministre, Cheikh El Avia Ould Mohamed Khouna, représenté par son frère, Mr Seyidna Ali Ould Mohamed Khouna.6 Malgré l’intensité de la corruption de l’appareil dirigeant, le Protocole d’accord de pêche avec les communautés européennes, précise, en son article 2 : " l’affectation de la compensation financière globale relève de la compétence exclusive de la Mauritanie. " Ainsi, sans aucun contrôle de gestion de la part de l’Europe, celle-ci versera à notre pays, en contrepartie du triplement des prises réalisées par les navires européens dans nos eaux, 266, 8 Millions d’euros. Ces versements, par tranche annuelle, couvrent la période du 1er août 1996 au 31 juillet 2001.7 Selon les statistiques officielles, les rendements de la pêche baissent à un rythme vertigineux : le total des prises de poisson par unité d’effort de toute la flottille chutait de 100 kg/heure en 1990 à 54kg/heure en 1996.Page 4 a 10
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